RETRAITES : LA MOBILISATION SE POURSUIT AVEC UNE PROCHAINE DATE PHARE LE 6 JUIN 2023

Si le gouvernement semble désormais décidé à parler aux organisations syndicales, celles-ci restent sur la réserve. Elles entendent que les revendications en matière de salaires ou encore de conditions de travail soient enfin prises en compte, tant par le gouvernement que le patronat. Elles sont toujours déterminées à obtenir le retrait de la réforme des retraites, rejetée par les travailleurs. Forte de la réussite d’un 1er Mai unitaire, qui a rassemblé 2,3 millions de manifestants en France, l’intersyndicale appelle à un nouveau temps fort de mobilisation le 6 juin, tandis que l’Assemblée nationale examinera deux jours plus tard une proposition de loi demandant l’abrogation de la réforme des retraites.

Il promettait d’être historique, notamment par son caractère syndical unitaire, ce 1er Mai 2023 l’a été avec 2,3 millions de manifestants sur tout le territoire, dont 500 000 à Paris. Cette journée internationale des travailleurs, par ailleurs marquée par la présence très forte de syndicats étrangers, est donc une nouvelle victoire dans la mobilisation contre la réforme des retraites. Et c’est forte de la réussite de cette journée, la treizième depuis le 19 janvier, que l’intersyndicale a appelé le 2 mai à multiplier les initiatives, avec notamment une nouvelle journée d’action commune de grèves et de manifestions le 6 juin prochain, permettant à l’ensemble des salariés de se faire entendre des parlementaires. Car, après une adoption à coups de 49.3 le 16 mars puis sa promulgation le 15 avril par le président de la République, la réforme – portée par une loi de finances rectificative de la Sécurité sociale/LFRSS partiellement censurée par le Conseil constitutionnel le 14 avril – va retrouver le Parlement. Le 8 juin, l’Assemblée examinera une proposition de loi déposée par un groupe parlementaire qui demande l’abrogation de la réforme. Ce dont l’intersyndicale se féliciteCette proposition de loi permettra pour la première fois à la représentation nationale de se prononcer par un vote sur la réforme des retraites. Ce que n’avait pu faire initialement l’Assemblée, faute d’un temps d’examen du texte suffisant. En effet, conséquence des choix faits par l’exécutif, les débats avaient été écourtés et cadenassés par l’utilisation en cascade de tout ce que la Constitution offre comme articles pour y parvenir.

Pour FO il faut des garanties

Ce 2 mai, l’intersyndicale a déclaré : Nous appelons unitairement nos organisations à aller rencontrer les députés partout pour les appeler à voter cette proposition de loi. Autre actualité de la réforme, le Conseil constitutionnel devait se prononcer le 3 mai sur la deuxième demande de référendum d’initiative partagée. Il avait rejeté la première le 14 avril. L’exécutif quant à lui, après le refus pendant trois mois de rencontrer les syndicats, vise à faire oublier la réforme et leur lance désormais des invitations. Ainsi que l’a fait la Première ministre, Élisabeth Borne. L’intersyndicale note toutefois l’annonce de l’ouverture d’un cycle de concertations sans que l’objet ni le cadre ne soient précisément fixés. Et elle prévient : Le dialogue ne pourra être rétabli que si le gouvernement prouve sa volonté de prendre enfin en compte les propositions des organisations syndicales, lesquelles lui rappelleront aussi leur refus de la réforme des retraites.

Concernant ces rencontres, le secrétaire général de FO précisait le 1er Mai : Il nous faudra des garanties, sur la méthode notamment.

InFO militante
par  Valérie Forgeront, L’Info Militante